UNIVERSITE AZAD ISLAMIQUE
BRANCHE CENTRE DE TEHERAN
FACULTE DES LANGUES ETRANGERES
Mémoire de maîtrise de didactique du FLE
Sujet:
La langue française à travers les âges
Sous la direction de:
Madame Le Docteur Rahim Tabrizi
Professeur Conseiller:
Madame Le Docteur Savad Kouhi
Rédigé par :
Shahzad Pournezam
AU NOM DE
DIEU
Tous mes remerciements vont à Mme le Docteur Pantéa Rahim Tabrizi qui a bien volu partager mon intéret et mon enthousiasme pour l`élaboration de cette étude, qui n`aurait pas pu être menée à bien sans ses conseils et ses encouragements ainsi que sa bienveillance à mon égard.
Que soit remerciée Mme le Docteur Nazanin Savad Kouhi, professeur conseiller pour son soutien et sa présence, surtout la peine que`elle s`est bien donnée de lire et de corriger ce mémoire.
Il m`est agréable, en cette circonstance, d`exprimer ma gratitude à Mme le Docteur Annette Abkeh, membere du jury pour se donner la peine d`étudier ce travail.
Résumé
Une langue est un système de signes linguistiques, vocaux, graphiques ou gestuels, qui permet la communication entre les individus.En prenant en considération toutes les définitions de la langue, c’est sans dire que la langue française posséde une rupture avec le passé et la foi en un avenir dessiné par la volonté et l’action de tous les hommes, les critiques et les grammatticiens de la langue française.La langue française au cours des siècles a porté alors des valeurs de liberté, d’égalité des chances, de modernité, de pouvoir populaire, de droits de l’homme, valeurs adaptées au contexte de l’époque. Dans cette recherche on va faire une étude sur le passé de la langue française et puis on va analyser ce qu’est devenu la langue française et puis ce que va devenir cette langue dans un avenir tout proche.
Sommaire
Introduction ……………………………………………………………………1
Premier Chapitre ……………………………………………………….…….6 
Naissance et évolution du français ………………………………………..………. 7
1-1-1.L’Europe linguistique à l’aube de l’Histoire …………………………………7
1-1-2. Les temps romains …………………………………………..……………10
1-1-3. Les invasions barbares …………………………………………….………10
1-1-4. Les débuts du français ……………………………………………….…….12
1-1-5. Le Moyen-Age: le temps des dialectes ……………………………………12
1-1-6.L’affirmation du français …………………………………………..……….13
1-1-7. Le temps du bon usage: le français classique ……………………..………14
1-1-8.Le français moderne-la fin des patois …………………………….………..14
1-1-9. Le français contemporain …………………………………………………..15
1-2.1.Transformations et réformes de l’orthographe ………………….………….17
1-2-1-1.Le Moyen Âge ………………………………………………….………..17
1-2-1-2. Le moyen français ………………………………………………………17
1-2-1-3.L’époque classique (XVIIème-XVIIIème) …………………..…………..21
1-2-1-4. L’époque moderne ………………………………………………………. 22
1-3-1.L’origine de l’alphabet …………………………………………….………..27
1-3-1-1.L’écriture ……………………………………………………..…………..27
1-3-1-2. L’alphabet ………………………………………………………….……28
1-3-2.L’alphabet latin ……………………………………………………………..30
1-3-2-2. L’alphabet français………………………………………….……………30
1-3-3-1.Les Mots ………………………………………………………..………..32
1-3-3-2.La vie des mots …………………………………………………………..33
1-3-3-3.Les mots empruntés aux autres langues ………………………..………..35
Deuxième Chapitre …………………………………..………………………40
Aujourd’hui le français est une langue très difficile à apprendre?! ………….….. 41
2-1.Grammaire et Didactique ……………………………………………….……42
2-1-1.La Grammaire ……………………………………………………..……….43
2-1-1-1.La grammaire transformationnelle ………………………………..……..46
2-1-1-3.La grammaire générative ……………………………….………………..50
2-2.Linguistique et Didactique ……………………………………………..…….53
2-2-1. Métalangages ………………………………………………………………54
2-2-1-2.Métalangages et métacognition ……………………………………….…56
2-2-1-3.Les activités métalangagières ……………………………………………56
2-3.Analyse d’une problématique didactique, Un exemple emprunté à la didactique du français langue étrangère et de la persane ……………………………………..57
2-3-1-1.La place de la grammaire dans la classe de langue ……………….……..59
2-3-1-2.La présentation de la grammaire en classe ……………………………….62
2-3-2. Les outils pour enseigner le français en tant qu’une langue étrangère …….67
Troisème Chapitre ……………………………………………………………71
La langue française à demain …………………………………………….……… 72
3-1.Les différences entre la méthode de la grammaire traditionnelle et la méthode de la grammaire communicative ………………………………………………….73
3-1-1. Les méthodes …………………………………………………….………..74
3-1-1-1. La méthode Traditionnelle ………………………………………………76
3-1-1-2. La méthode naturelle ……………………………………………..……..78
3-1-1-3. La méthode grammaire-traduction ……………………………….…….78
3-1-1-4. La méthode lecture-traduction ………………………………..…………80
3-1-1-5. La méthode directe ……………………………………………..……….80
3-1-1-6. La méthode audio-orale ………………………………………..………..81
3-1-1-7. La méthode SGAV: (Structuro-globale audio-visuelle) …………………82
3-1-2-1. L’approche communicative ……………………………………….…….83
3-2. Situation actuelle de l’enseignement de la langue française …………………90
3-2-1. Des méthodes courantes de nos jours ………………………………….….92
3-2-2-1. L´analyse de méthode ………………………………………………….. 92
3-2-2-2. Connexions méthode de français…………………………….…………..93
3.2.2.3. La grammaire dans la méthode de Connexions ………………………….94
3.2.2.4. Acte de parole – L’oral …………………………………………..……….96
3-2-3. Les Synthèses ………………………………………………………..…….97
3-2-3-1. Acte de parole – L’oral ………………………………………………….100
3-2-3-2. Acte de parole – La langue écrite ………………………………………100
3-3. Analyse de quelques méthodes de l’approche communicative …………….102
3-3-1. Grand Large ………………………………………………………………103
3-3-2. Espace et Le Nouvel Espace …………………………………..…………103
3-3-3. Libre Echange ……………………………………………………………104
Conclusion …………………………………………………………………..…. 109
Bibliographie ……………………………………………………………………112
Introduction
Introduction
« Une langue est un système de signes linguistiques, vocaux, graphiques ou gestuels, qui permet la communication entre les individus »1.
En prenant en considération toutes les définitions de la langue, c’est sans dire que la langue française possède une rupture avec le passé et la foi en un avenir dessiné par la volonté et l’action de tous les hommes, les critiques et les grammairiens de la langue française.
La langue française au cours des siècles a porté alors des valeurs de liberté, d’égalité des chances, de modernité, de pouvoir populaire, de droits de l’homme, valeurs adaptées au contexte de l’époque.
Ce sont elles qui lui ont assuré sa force symbolique et qui ont contribué à lui donner le prestige dont elle jouit toujours.
Le français est une langue romane. Sa grammaire et la plus grande partie de son vocabulaire sont issues des formes orales et populaires du latin.
En tout cas, la langue française est la langue de la diplomatie. Tous les grands traités sont rédigés en français, alors qu’ils l’étaient auparavant en latin. L’empire de la langue française dépasse largement l’empire politique et économique de la France du XVIIème siècle jusqu’à XXème siècle.
Le système éducatif avait donc besoin de règles fermes qui pussent être enseignées aux élèves.
D’autre part, il existe idée reçue qui dure et qui perdure! Quel avantage retire-t-on à entretenir cette idée que la langue française est une langue très, trop difficile à apprendre? Une langue dont la maîtrise n’est réservée qu’à quelques initiés ou aux meilleurs écrivains?
Le français, une langue culte, porteuse de valeurs, mais surtout, pour nombre de ses locuteurs, une langue pour s’intégrer, pour vivre.
Le discours traditionnel qu’on tient sur la langue française doit s’ajuster et mettre en lumière, en plus de sa fonction identitaire et culturelle, sa fonction utilitaire liée à la nécessité de l’intercompréhension entre locuteurs de variétés du français et à sa capacité d’assurer l’intégration sociale dans un pays ou un État.
L’intérêt pour un nouvel étudiant de faire l’apprentissage de la langue française est, d’abord utilitaire. Il veut gagner sa vie, mais aussi entrer dans les réseaux sociaux. La fonction identitaire résultera en dernier lieu de son intégration réussie à sa société d’accueil.
Les arguments en faveur de la maîtrise du français d’aujourd’hui chez les apprenats de la langue française peuvent être du même ordre. Ainsi, on peut considérer que la connaissance et la maîtrise de la langue rendent efficace la communication, qu’elles donnent accès à une autre partie de la culture et de la pensée universelles, qu’elles rendent plus compétent et plus polyvalent au plan professionnel et personnel.
Parmi les nouveux apprenants de la langue française, ceux qui mettent l’accent sur la beauté de la langue, surtout chez ceux et celles qui sont les seuls en mesure d’assurer la diffusion de la langue française.
Les enseignants du français, langue première et langue étrangère, doivent continuer de réfléchir sur leurs pratiques.
Les commentaires qui suivent conviennent pour l’enseignement du français en général, bien qu’il faille nuancer selon qu’il s’agit du français langue maternelle ou langue étrangère ou de francisation.
Il est bien sûr évident que le français est une langue très difficile à apprendre et à écrire de par ses règles complexes, ses innombrables exceptions et sa graphie illogique. Le français ne s’écrit pas comme il se prononce.
Le français serait donc une langue destinée aux érudits, et il serait apparemment impossible pour la majorité de la population d’écrire sans la moindre faute.
Peut-on vraiment prétendre que le français est trop dur? Le véritable problème est bien que de moins en moins de personnes prennent la peine de s’adonner complètement à l’apprentissage détaillé de la langue. La langue est _elle illogique?
Ce qu’est proposé par les grammairiens c’est de réformer la langue pour la rendre plus phonétique et donc beaucoup plus facile d’accès à la majorité de la population et non plus uniquement aux savants et rats de bibliothèque.
La complexité de la langue française la pénaliserait au niveau international. Si les experts de cette langue ne réforment pas le français, il pourrait suivre le chemin du latin en devenant une langue exclusivement réservée à l’élite intellectuelle.
C’est également une langue riche, précise et tellement intéressante. Plutôt que de prôner un nivellement par le bas, pourquoi ne pas insister sur l’apprentissage, comme on le faisait jadis?
Du point du vue des structuralistes, il est vraiment nécessaire que les apprenants de la langue française dans le futur proche retrouvent le goût de la lecture et prennent la peine de sortir un dictionnaire en cas de doute.
Dans cette recherche on va faire une étude sur le passé de la langue française et puis on va analyser ce qu’est devenue la langue française et enseuite ce que va devenir cette langue dans un avenir tout proche.
Chapitre 1 :
Naissance et évolution du français
I.
Naissance et évolution du français
Le français porte mal son nom, qui vient du peuple germain qu´étaient les Francs Or cette langue n’est pas germanique, elle est romane, c’est-à-dire d’origine latine, et ce n’est que plus tard qu’elle subit l’influence des Francs. De plus, on a souvent tendance à faire remonter cette langue au gaulois, langue celtique, ce qui est une erreur.
1-1-1.L’Europe linguistique à l’aube de l’Histoire
a-Avant les Indo-européens
« Les Gaulois n’étaient évidemment pas les premiers habitants de la Gaule, mais on sait peu de choses sur les populations qui les avaient précédés, si ce n’est quelques noms de peuples comme les Aquitains, les Ibères ou les Ligures »2.
Les quelques traces de ces langues non-indo-européennes se retrouvent surtout dans des noms de fleuve comme la Loire, anciennement Liger, ou Seine, … et de lieux : Manosque, Tarascon, Luchon, …, ainsi que quelques rares mots que l’on peut qualifier de “pré-celtiques”, comme avalanche, motte, jabot, … .
Cependant, si le ligure et l’ibère restent des langues mystérieuses, on en connaît plus sur l’aquitain grâce à ses lointains descendants, les Basques, qui ont su résister au fil des siècles.
b-Les Gaulois
« Le gaulois est une langue celtique, qui appartient à la grande famille des langues indo-européennes »3.
Environs 6 mille ans avant notre ère, des populations parlant des langues dites indo-européennes, occupaient les régions du Caucase et de la mer Noire: une partie de ces populations s’est dirigée plus tard vers l’Inde, tandis que l’autre déferlait sur presque la totalité de l’Europe et engendrait cinq grands courants de langues : « hellénistique, germanique, slave, romane et celtique »4.
C’est ainsi que les Celtes, les Gaulois, sont arrivés dans la région qui allait devenir la Gaule au cours du premier millénaire avant JC.
Le gaulois va donc à partir de -800 avant JC se mêler aux parlers locaux évoqués plus haut. Mais la pénétration gauloise était plutôt superficielle et inégale, et cohabitait avec ces langues non-indo-européennes. De même, ne subsiste aujourd’hui de la langue gauloise que quelques dizaines de termes, ruraux en général, comme charrue, chêne, glaner, sillon, …
Le français est une langue romane. Sa grammaire et la plus grande partie de son vocabulaire sont issues des formes orales et populaires du latin, telles que l’usage les a transformées depuis l’époque de la Gaule romaine. « Les Serments de Strasbourg, qui scellent en 842 l’alliance entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, rédigés en langue romane et en langue germanique, sont considérés comme le plus ancien document écrit en français »5.
1-1-2. Les temps romains
Quoi qu’il en soit, vers 120 avant JC, avait commencé la conquête romaine de la Gaule.
« En un peu plus d’un demi-siècle, l’ensemble de la Gaule était dans l’orbite romaine et les Gallo-romains abandonneront finalement leur langue celtique en faveur du latin »6.
Ils se mirent à parler latin à leur façon, avec leur accent, leur prononciation. Ainsi, dans leur bouche, “auguste” par exemple, devint agosto, puis aosto, aoust et enfin août.
1-1-3. Les invasions barbares
Ainsi, ce latin ne ressemblait déjà plus guère à celui de Rome quand débarquent au IIIième siècle des envahisseurs germains. L’installation des Francs en Gaule va laisser quelques 400 termes dans le vocabulaire gallo-romain, « en particulier des termes de la guerre : arquebuse, trêve, flèche,… et du vocabulaire rural : guêpe, bûche, roseau,… . »7
Mais ces envahisseurs vont peu à peu adopter la langue gallo-romaine, en particulier grâce à la conversion au catholicisme de leur chef Clovis, ce qui va contribuer à maintenir la pratique du latin comme véhicule de la vie religieuse. Trois siècles plus tard, Charlemagne encourage lui aussi l’enseignement du latin. Ainsi, cette duplicité Latin/germain va se généraliser et peser sur la langue française en gestation.

1-1-4. Les débuts du français
Il est difficile de déterminer avec exactitude la “date de naissance” du français car les premiers textes en français sont rares. Le plus célèbre est celui des “Serments de Strasbourg”, signé en 842 par les petits-fils de Charlemagne, qui est considéré comme le premier document officiel de la langue française; une langue encore bien loin de celle que l’on parle actuellement.
1-1-5. Le Moyen-Age: le temps des dialectes
Au Moyen Âge, la langue française est faite d’une multitude de dialectes qui varient considérablement d’une région à une autre. On distingue principalement les parlers d’oïl au nord et les parlers d’oc au Sud. Avec l’établissement et l’affermissement de la monarchie capétienne, c’est la langue d’oïl qui s’impose progressivement.
Mais on peut dire que la France est, comme tous les autres pays d’Europe à cette époque, un pays bilingue: d’une part, la grande masse de la population parle la langue vulgaire ou vernaculaire, qui est aussi celle des chefs-d’œuvre de la littérature ancienne; d’autre part, le latin est la langue de l’Église, des clercs, des savants, de l’enseignement, et c’est aussi l’idiome commun qui permet la communication entre des peuples aux dialectes plus ou moins bien individualisés.
-la langue d’oc avec un parler plus proche du latin.
-la langue d’oïl influencé par les langues germaniques.
-le franco-provençal.
-et de nombreux parlers plus régionaux: basque, catalan, breton, flamand, alsacien,…
Malgré la progression continue du français, cette coexistence se prolonge jusqu’au XVIIe siècle, et même bien plus tard dans le monde de l’Université et dans celui de l’Eglise.
1-1-6.L’affirmation du français
Dès la fin du XIIe, la “langue du roi”, c’est-à-dire le parler de la cour et de l’Ile de France, est mieux reconnue, et elle devient une langue de prestige élargissant ainsi son domaine.
C’est à partir de la Renaissance, quatre siècles plus tard, que la question de la fixation de la “langue du roi” se pose fortement. Dans le domaine de la vie pratique, le français remplacera désormais le latin dans tous les documents administratifs, à partir de 1539, date à laquelle François 1er prend la célèbre “Ordonnance de Villiers-Cotterêt”.
Il faudra dorénavant que tous les textes officiels soient rédigés en langage maternel français. Dans le même temps, les auteurs littéraires se mettent aussi au français.
1-1-7. Le temps du bon usage: le français classique
Après le foisonnement de la Renaissance, le XVIIe va vouloir endiguer ce flot d’innovations en fixant l’orthographe et la prononciation. La langue, instrument de centralisation politique devient donc une affaire d’Etat: En 1635, Richelieu fonde l’Académie française, qui est chargée de créer un dictionnaire, une grammaire et de prendre soin de la langue française.
1-1-8.Le français moderne-la fin des patois
Un siècle plus tard, à l’époque de la Révolution, la Convention, éprise de centralisme portera le premier coup à la vitalité des patois, jugés néfastes pour la République “une et indivisible”; notamment par le rapport de l’Abbé Grégoire sur la nécessité absolue d’abolir les patois.
Dans la France du XIXe, la langue française gagne du terrain, mais on parle encore patois à 80% dans la plupart des circonstances de la vie quotidienne. A partir de 1880, Jules Ferry instaurera l’école laïque, gratuite et obligatoire, dans laquelle l’enseignement se fait naturellement en français. C’est ainsi que l’usage des patois commença à se raréfier.
1-1-9. Le français contemporain
À la veille de la Révolution française, on estime qu’un quart seulement de la population française parle français, le reste de la population parle des langues régionales.
« Au nord ce sont principalement les parlers d’oïl, au sud les parlers d’oc, ainsi que le breton, le basque, le catalan, le francoprovençal, le flamand, l’alsacien entre autres »8.
L’unification du français débutée par Talleyrand et continuée par Jules Ferry a pour but de créer une seule langue française sur tout le territoire français. Si le français s’impose assez vite dans les régions où l’on parle des dialectes de langue d’oïl et du francoprovençal, des méthodes très coercitives sont employées afin d’éliminer le breton, l’occitan, le catalan, le basque, le corse, etc.
Le français est couramment pratiqué dans toutes les cours européennes. Le français est alors la langue de la diplomatie mais également un puissant vecteur dans les domaines de l’art, des sciences et des techniques.
Le français s’est toujours écrit au moyen de l’alphabet latin, enrichi depuis le XVIe siècle par des diacritiques dont l’écriture et l’utilisation ne seront réglées qu’à partir du XVIIIe siècle.
Au XXe siècle, c’est encore le français, c’est-à-dire la langue commune, qui bénéficiera des nouvelles techniques, permettant une plus large diffusion. Ceci a nettement contribué à l’uniformisation de la langue, tant au niveau du vocabulaire, qu’au niveau de la prononciation qui tend à devenir plus neutre, et délaissant peu à peu les parlers régionaux. Peut-on ainsi aller jusqu’à dire que le français perd lentement sa richesse?
En tout, le français est la plus germanique des langues romanes. Son histoire est celle de l’évolution du latin parlé en Gaule et de son enrichissement constant, apporté avec le temps au contact des langues voisines.
1-2.1.Transformations et réformes de l’orthographe
1-2-1-1.Le Moyen Âge
« Le but des scribes au Moyen Âge n’est pas de faire des effets, mais de transcrire ce qui était dit, de restituer une prononciation ; aux XIIème – XIIIème siècles encore, l’écriture est une sorte d’aide-mémoire, plus ou moins instable, à usage individuel ou restreint, dans une civilisation essentiellement orale »9.
C’est à l’époque une orthographe pure, mais pauvre. Une orthographe que l’on peut considérer comme phonologique, mais avec des insuffisances et des contradictions. La langue a évolué depuis le latin et l’alphabet latin ne suffisait plus.
Le français s’est éloigné de plus en plus des autres langues romanes, qui sont restées plus proches du latin.
1-2-1-2. Le moyen français
Le français du XIIIème siècle s’est déjà profondément modifié, sur tous les plans : phonétique, morphologique, lexical. Mais l’orthographe se fige alors que la prononciation continue d’évoluer.
« Du XIIIème au XVIème siècle, nombre de tentatives auront lieu pour modifier l’orthographe des mots, particulièrement à la Renaissance. Les grammairiens ou les poètes y joueront un rôle important, mais aussi les imprimeurs »10.
À partir du XIIIe siècle, l’orthographe française connaît des bouleversements importants, qui font notamment suite à l’évolution de la langue passage de l’ancien français au moyen français. Elle s’éloigne alors du phonétisme et devient plus «idéographique ». C’est à cette époque qu’apparaît le s long, le point sur le i, le j.
« En août 1539, François Ier édicte l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui remplace le latin par le français comme langue officielle des documents juridiques et administratifs ».
Cette décision favorisera l’homogénéisation de l’orthographe sur la base de l’étymologie latine. François Ier, qui fut surnommé le Père des Lettres, contribuera encore à l’établissement de la langue écrite par la création de l’Imprimerie nationale, du dépôt légal, du Collège royal (le futur Collège de France).
L’amélioration de l’alphabet au XVIème, nous l’avons signalé dans la partie précédente.
« L’utilisation de lettres destinées à améliorer la lisibilité.
Le recours systématique à l’étymologie, qui donne une identité aux mots, et / ou permet de les distinguer de leurs homophones.
Des erreurs se sont produites, car l’étymologie n’était pas une science bien précise.
L’étymologie permet aussi de rapprocher les mots de leur famille ».11
Ces corrections unificatrices sont à rapprocher des modifications lexicales, avec l’utilisation de préfixes et suffixes identiques tirés du latin, ce qui tend à donner une unité à la langue.
Ces modifications sont essentiellement consonantiques: par addition de consonnes; mais ce sont des lettres muettes ; leur utilité est visuelle, elle est logogrammique, l’orthographe prend un aspect idéographique, donc non phonétique.
Toutes ces modifications sont dues à des spécialistes de la langue, mais aussi à des utilisateurs particuliers de la langue écrite, les praticiens des écritures judiciaires; et beaucoup aux imprimeurs. Ce sont les imprimeurs qui ont fait naître la notion d’orthographe en France. Ils avaient un grand besoin de règles unificatrices, de même que les rédacteurs judiciaires.
Pour être précis, il y a eu deux tendances successives et plus ou moins contradictoires. La première est liée aux impératifs de l’écriture manuelle. On a étoffé les mots pour les rendre plus lisibles et reconnaissables, en particulier les monosyllabes, qui étaient devenus nombreux suite à l’évolution phonétique. On trouve là l’action des scribes de l’administration royale. Leur orthographe était la plus adaptée avant l’invention de l’imprimerie.
Les imprimeurs, avaient un grand besoin de clarté. « Les imprimeurs ont voulu des mots bien séparés, et ont préféré un système de voyelles accentuées plutôt qu’une addition de consonnes ; mais cette orthographe plus facile à lire a mis plus de deux siècles à s’imposer, suite aux lourdeurs et résistances dans un pays très centralisé politiquement, et où la langue était soumise à l’influence des lettrés et des pédants »12.
L’orthographe commence à avoir un impact sur la prononciation. Des consonnes initialement muettes, introduites en suivant l’étymologie, commencent à être prononcées le b de subtil par exemple.
« Sous l’impulsion d’imprimeurs et d’écrivains, apparaît une orthographe réformée, plus proche de la prononciation : introduction des accents, suppression des lettres «grecques» (ph, th, rh, y), du y notant [i], du ez notant [e], du x final muet, remplacement de en prononcé [ɑ̃] par an. Mais le Dictionnaire françois-latin de Robert Estienne va marquer le retour à une orthographe ancienne (y notant [i], es notant [e] ou [ɛ], rétablissement des lettres grecques, suppression de la plupart des accents ».
1-2-1-3.L’époque classique (XVIIème-XVIIIème)
Le mouvement de simplification lancé par les imprimeurs au XVIème siècle échoue en grande partie; l’une des raisons principales est que les gens trop en avance ont été soupçonnés de protestantisme, et ont dû s’expatrier; ne sont donc restés que ceux qui étaient au service de la monarchie, et qui ont perpétué la tradition.
« Au XVIIe siècle, en créant l’Académie française, chargée de rédiger le dictionnaire de référence, la monarchie centralisatrice a cherché à créer une sorte d’orthographe d’État ».
« Au XVIIIème siècle, de grands changements ont lieu à partir de 1740, quand les philosophes entrent à l’Académie. Plus le quart du vocabulaire est transformé et modernisé, par suppression de lettres inutiles, remplacement du es interne marquant la prononciation par ê, mise en place de l’accent grave »13.
La deuxième moitié du XVIIe siècle sera cependant marquée par une certaine renaissance de l’orthographe moderniste suivant le principe que l’usage détermine la règle.
L’Académie sera le lieu où s’édicteront les règles de la langue écrite officielle mais aussi savante. La rédaction d’un Dictionnaire de l’Académie française sera l’occasion de définir une orthographe lexicale qui tienne compte à la fois de l’usage, de l’étymologie et des contraintes phonétiques. L’Académie française choisit d’utiliser dans la première édition de son Dictionnaire, l’orthographe des greffes royaux, c’est-à-dire une orthographe archaïsante.
1-2-1-4. L’époque moderne
Par la suite, l’oeuvre des philosophes ne se poursuivra pas sous Napoléon; à la Restauration, l’Académie ne cherchera qu’à survivre; les éditions du Dictionnaire qui suivront marqueront même des retours en arrière.
L’Académie Française fait autorité ensuite au XIXème siècle, mais la fin du siècle voit naître le Littré et les grands dictionnaires Larousse.
Au début du XIXe siècle, l’orthographe se fixe et, contrairement aux autres pays romans, c’est le courant étymologiste qui prévaut et non pas phonétique.
L’orthographe a ainsi évolué au fil des décisions de l’Académie mais aussi sous l’influence des linguistes, lexicographes, grammairiens et autres savants qui produisent nombre de dictionnaires et encyclopédies.
Les imprimeurs forment une autre source d’influence sur l’orthographe. Et parallèlement, l’institution scolaire jouera un grand rôle dans les évolutions de l’orthographe tant dans l’émergence de nouvelles pratiques que dans la résistance à certaines réformes.
Au XIXe siècle, l’école publique et laïque a fait de l’orthographe strictement normalisée sinon sa principale règle du moins l’une des premières. Des mouvements dissidents tels qu’Ortograf et Ortofasil lui reprochent sa très grande complexité et proposent des orthographes phonétiques à l’instar de l’italien et de l’espagnol.
Contrairement à certaines idées reçues, l’histoire du français et de son orthographe comporte de nombreuses réformes. De tout temps, l’orthographe du français a subi de nombreuses rectifications, mais l’habitude littéraire d’adapter les ouvrages dans l’orthographe officielle du moment nous donne une impression de continuité que la langue française écrite n’a en fait jamais eue.
On peut définir à peu près cinq états de la langue française, qui est passée progressivement de l’un à l’autre ; dans les exemples ci-dessous, l’orthographe est celle des éditeurs et non celle des auteurs.
« Jusqu’au XIXe siècle, l’orthographe normalisée du français, qui s’établit lentement à partir du XVIe siècle, reste très variable. D’autres découpages sont possibles et ne sont que des moyens de situer un texte par rapport à l’état de la langue »14.
Depuis la première édition du Dictionnaire de l’Académie, qui représentait déjà un effort normatif sans précédent, l’orthographe s’est considérablement transformée, tant du fait d’une évolution naturelle que par l’intervention raisonnée de l’Académie, des lexicographes et des grammairiens.
La réflexion sur l’orthographe doit tenir compte de données multiples et souvent contradictoires, comme le poids de l’usage établi, les contraintes de l’étymologie et celles de la prononciation, les pratiques de l’institution scolaire, celles du monde des éditeurs et des imprimeurs, etc.
L’Académie s’est employée, tout au long de son histoire, à maintenir un équilibre entre ces différentes exigences, l’expérience prouvant que les projets abstraits des réformateurs ne sauraient à eux seuls faire plier l’usage.
Au XIXe siècle, le développement de l’institution scolaire a sans doute contribué à figer quelque peu l’orthographe, tout en suscitant parallèlement de grands projets de réforme. Le système éducatif avait besoin de règles fermes qui puissent être enseignées aux élèves. Au terme de débats passionnés, deux arrêtés fixères de simples tolérances orthographiques et syntaxiques pour les examens et concours de l’Instruction publique.
En 1990, le Conseil supérieur de la langue française fit paraître au Journal officiel un document intitulé Les rectifications de l’orthographe. Les principales modifications préconisées étaient :
« — la soudure d’un certain nombre de noms composés
— l’harmonisation du pluriel des noms composés avec celui des noms simples
— la possibilité de supprimer certains accents circonflexes sur le i et le u
— l’accent grave sur le e quand il est précédé d’une autre lettre et suivi d’une syllabe qui comporte un e muet ;
— l’application des règles usuelles d’orthographe et d’accord aux mots d’origine étrangère ;
— la rectification de quelques anomalies graphiques  »15.
Malgré la modération et le bon sens de ces propositions, la presse s’empara du sujet et entretint une querelle passablement artificielle. L’Académie approuva à l’unanimité le document, mais resta fidèle à sa ligne de conduite traditionnelle en demandant que « lesdites recommandations ne soient pas mises en application par voie impérative et notamment par circulaire ministérielle »16. Tout en souhaitant «que ces simplifications et unifications soient soumises à l’épreuve du temps »17, la Compagnie en a adopté un certain nombre dans son Dictionnaire, mentionnant les autres à la fin de l’ouvrage.
1-3-1.L’origine de l’alphabet
1-3-1-1.L’écriture
L’Histoire commence avec l’écriture ; auparavant, c’est la Préhistoire. Il existe encore des civilisations purement orales, mais toutes les langues modernes, évoluées, ont besoin d’être écrites, ce qui est le seul moyen pour que la culture non seulement se perpétue, mais se renouvelle et se développe.
Les premières manifestations d’une forme d’écriture datent de plusieurs dizaines de milliers d’années avant notre ère, et les spécialistes parlent d’une pré-écriture en cette période préhistorique.
« On trouve des incisions régulièrement espacées sur des os ou des pierres ; des motifs abstraits sur des coquilles d’oeufs d’autruche il y a 60 000 ans en Afrique du Sud ; des blocs d’ocre gravés dans le même pays, datés de -70 000 à -100 000 ans, etc »18. 
En fait, ces premières inscriptions correspondent à une sorte de code, et expriment des messages convenus. On trouve aussi bien des cordes à nœuds ou des dessins figuratifs, ou les Iroquois. C’est un certain niveau d’abstraction déjà, mais on ne peut pas utiliser ce système pour faire des phrases à volonté. On parle alors d’écritures synthétiques.
« Le procédé analytique ou idéographique , des pictogrammes sont des dessins, qui prennent à l’usage et en se stylisant une valeur abstraite, et deviennent des idéogrammes. Leur association permet de constituer des phrases. On trouve des pictogrammes en Mésopotamie vers 3400 av JC, et des hiéroglyphes en Egypte vers 3200 av JC. Les hiéroglyphes présentent une nouveauté qui est l’association de pictogrammes et de signes phonétiques »19.
L’écriture phonétique ou phonologique témoigne d’une prise de conscience plus poussée de la nature de la langue parlée ; elle suppose un décorticage fin du langage oral, jusqu’à reconnaître et isoler les phonèmes fondamentaux, ce qui suppose un niveau d’abstraction supplémentaire. Le phonogramme n’a plus aucun contenu sémantique.
1-3-1-2. L’alphabet
« Les premiers alphabets phonétiques de l’Antiquité notent des syllabes, ce qui est beaucoup moins souple que la notation des phonèmes.
L’écriture assyro-babylonienne en caractères cunéiformes contenait un syllabaire de 500 signes; l’écriture des Assyriens, des Mèdes, des Perses était formée de signes en forme de fer de lance ou de clou diversement combinés ; le tracé simple, géométrique, était facile à graver »20.
« Puis viennent les alphabets consonantiques. Le 1er exemple en est l’alphabet phénicien. Les mots étaient formés pour la plupart de 3 sons consonantiques, le timbre des voyelles étant imposé par le rôle du mot dans la phrase. Élaboré à partir du phénicien au IXème siècle, l’alphabet araméen aura une grande descendance, concernant les alphabets hébreu, arabe, et même en Asie : les écritures mongoles et mandchoue bien plus tard »21.
« L’alphabet grec est le premier à noter aussi les voyelles. Il est attesté au VIIIème siècle. Les grecs se sont servis des mêmes signes que les phéniciens pour noter les consonnes qu’ils possédaient en commun, et ont adapté à leur usage les autres signes qui ne leur correspondaient pas, pour noter les voyelles »22.

1-3-2.L’alphabet latin
Ce sont les Étrusques, entrés en contact avec les Hellènes, tire un alphabet qui servira à toutes les écritures de l’Italie, et sera répandu par les Romains dans le monde méditerranéen.
« L’alphabet latin conserve le début du nom des lettres grecques. Abandon des signes exprimant des consonnes aspirées n’existant pas en latin, transformation de certains signes »23.
1-3-2-2. L’alphabet français
« Au XVIème siècle, on compte 22 lettres, soit l’alphabet latin, sans le K (donc, en fait, 23). N’existent pas : J, V, W, pas plus que les accents, le tréma, la cédille, + peu de signes de ponctuation »24.
« En 1542, le grammairien Meigret propose d’allonger le i pour distinguer i et j correspondant à deux sons différents.
En 1548, Ervé Fayard a l’idée de distinguer u et v.
Ce n’est qu’en 1762 que l’Académie a séparé i de j et u de v; jusque là, les lettres étaient utilisées sans distinction, et seule la place dans le mot indiquait la prononciation. Les imprimeurs pourtant faisaient souvent la distinction au XVIème siècle, mais l’usage manuscrit restait archaïque au XVIIème.
Le W a eu un sort contradictoire. Il était utilisé au Moyen Âge, après la réforme carolingienne, comme le Y. On l’utilisait dans les manuscrits picards, wallons, lorrains, anglo-normands en Grande Bretagne.
Il a été créé par redoublement du V, pour noter la semi-consonne germanique. Pourtant, il est entré difficilement dans l’usage général, et les premières éditions du dictionnaire de l’Académie ne citent aucun mot en W, quoique dans l’usage on trouvât imprimé un double v, souvent graphié Uv au XVIIème. Les mots en W n’ont été isolés dans le dictionnaire qu’en 1878, la lettre étant encore définie comme étrangère. Le Robert, en 1964, est le premier à déclarer que le W est la 23ème lettre française »25.
« L’apostrophe a été empruntée au grec en 1532 »26.
1-3-3-1.Les Mots
Les mots français ont des origines très variées. Les uns appartiennent à un fond très ancien: ils sont les survivants des langues parlées par les peuples qui vivaient sur le sol de France avant même l’arrivée des Gaulois. D’autres sont des emprunts très récents. A toutes les époques, cette langue s’est enrichie d’apports étrangers. Mais la majorité des mots que les français s’emploient viennent du latin.
« Les uns ont été introduits en Gaule quand celle-ci, conquise en 52 avant J.C. par Jules César, fut devenue une des grandes provinces de l’empire romain, jusqu’à la dislocation progressive de ce dernier sous les coups des envahisseurs venus de Germanie et des grandes plaines de l’Est. Les autres ont fait leur apparition plus tardivement, à différentes époques car c’est vers le latin que se tournaient d’abord nos ancêtres quand ils sentaient le besoin de créer des mots nouveaux »27.
Certains mots ont voyagé parfois directement, parfois en faisant des escales, avant de s’établir définitivement dans notre langue. Il en est ainsi par exemple avec le mot abricot, qui est apparu en France au milieu du XVIIe siècle.
« A l’origine, c’était un fruit méditerranéen bien connu des Romains pour sa précocité. D’où son nom latin de fruit précoce. Les Grecs furent les premiers à emprunter ce mot, qui passa ensuite chez les Arabes. Pour ces derniers, le fruit était dénommé al barquq. Au cours de leur conquête, les Arabes l’apportèrent en Espagne qui en fit albercoc. Enfin, il arriva en France pour devenir abricot. Ainsi, le mot avait contourné toute la Méditerranée avant d’arriver en France »28.
1-3-3-2.La vie des mots
Au fil des siècles, la vie des hommes a évolué, les découvertes et les inventions se sont multipliées, notamment au XVIè siècle dans le domaine des sciences, des techniques et de la médecine. Les savants eurent alors besoin de créer des mots nouveaux pour décrire ce qu’ils venaient de découvrir ou d’inventer.
A cette époque-là, la plupart des savants et des écrivains continuaient de lire des ouvrages en latin et d’utiliser le latin littéraire dans leurs écrits.
De même que la forme et la prononciation des mots se sont modifiées avec le temps, le sens des mots a changé. Il est d’ailleurs souvent amusant de rechercher le sens qu’un mot avait plusieurs siècles auparavant et de le comparer au sens d’aujourd’hui, s’il est toujours utilisé.
La majorité des langues sont vivantes et évoluent avec le temps. La preuve en est avec l’entrée et la sortie de mots dans les dictionnaires. Lorsqu’un mot devient désuet, il est remplacé par un autre plus fonctionnel. Les langues s’enrichissement mutuellement par divers emprunts et par la naissance de nouveaux mots.
« La base du français puise son origine dans les langues celtique et latine, sans oublier les apports des autres langues qui n’ont eu que de cesse de faire évoluer la langue »29.
La contribution à la fabrication de nouveaux mots est importante et simple en même temps. Avec deux mots, il est possible d’en faire un troisième pour nommer un objet, une légume, une personne, etc.
Avec deux noms par exemple : le mon chou plus le nom fleur donne le nom chou-fleur.
Avec un adjectif et un nom, ou un verbe et un nom, on a encore d’autres noms : petits-fils, garde-chasse, etc. Les mots nouvellement créés peuvent être séparés par un tiret et donnent des mots composés.
Cependant, il arrive parfois que deux mots composent un autre mot et que celui-ci soit soudé pour ne former qu’un nouveau mot simple, comme :
Vinaigre : vin + aigre
Gendarme : gens + d’armes
Il est possible aussi de procéder par dérivation. Avec le mot utile par exemple, on peut faire :
Un nom : utilité
Un verbe : utiliser
Des adjectifs : inutile, utilisable, inutilisable, etc.
Le mot utile est le radical ou encore la racine du mot, et on lui rajoute soit des préfixes (in utile) et/ou des suffixes (utili sable, utili té )
1-3-3-3.Les mots empruntés aux autres langues
A toutes les époques, des mots ont été empruntés à d’autres langues. Ces mots ont parfois été introduits sous leur forme étrangère, mais le plus souvent ils sont prononcés différemment en français.
On reconnaît facilement dans « sandwich » et « toast » des mots d’origine anglaise, mais l’on ignore parfois que le « chiffre » et « zéro » sont d’origine arabe, « balcon» et « boussole » d’origine italienne, « accordéon » et « choucroute » d’origine allemande, « abricot » et « banane » d’origine espagnole et «mammouth » d’origine russe.
Jugeant que la concurrence de l’anglais, même dans la vie courante, représentait une réelle menace pour le français et que les importations anglo-américaines dans le lexique français devenaient trop massives, les autorités gouvernementales ont été amenées, depuis une trentaine d’années, à compléter le dispositif traditionnel de régulation de la langue.
« À partir de 1972, des commissions ministérielles de terminologie et de néologie sont constituées. Elles s’emploient à indiquer, parfois même à créer, les termes français qu’il convient d’employer pour éviter tel ou tel mot étranger, ou encore pour désigner une nouvelle notion ou un nouvel objet encore innommés »30. Ces termes s’imposent alors à l’administration.
« En 1975, la loi dite Bas-Lauriol rend l’emploi du français obligatoire dans différents domaines, comme l’audiovisuel ou le commerce, et dans le monde du travail.
Au cours des années 1990, un ensemble législatif plus cohérent et plus complet est mis en place »31.
La magistrature morale de l’Académie se trouve ainsi confirmée par le droit, pour le plus grand bénéfice des instances et organismes impliqués dans la défense de la langue française.
La féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres.
« En 1984, le Premier ministre crée une commission de terminologie relative au vocabulaire concernant les activités des femmes. Le décret indique notamment que la féminisation des noms de professions et de titres vise à combler certaines lacunes de l’usage de la langue française dans ce domaine et à apporter une légitimation des fonctions sociales et des professions exercées par les femmes»32.
« L’Académie française, qui n’avait pas été consultée, fait part de ses réserves dans une déclaration. Elle dénonce en particulier le contresens linguistique sur lequel repose l’entreprise : il convient de rappeler que le masculin est en français le genre non marqué et peut de ce fait désigner indifféremment les hommes et les femmes; en revanche, le féminin est appelé plus pertinemment le genre marqué, et la marque est privative. Elle affecte le terme marqué d’une limitation dont l’autre seul est exempt. À la différence du genre non marqué, le genre marqué, appliqué aux êtres animés, institue entre les deux sexes une ségrégation »33.
Aussi la féminisation risque-t-elle d’aboutir à un résultat inverse de celui qu’on escomptait, et d’établir, dans la langue elle-même, une discrimination entre les hommes et les femmes. L’Académie conteste enfin le principe même d’une intervention gouvernementale sur l’usage, jugeant qu’une telle démarche risque «de mettre la confusion et le désordre dans un équilibre subtil né de l’usage, et qu’il paraîtrait mieux avisé de laisser à l’usage le soin de modifier»34.
« Une circulaire du Premier ministre recommanda, en 1986, de procéder à la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres dans les textes officiels et dans l’administration. Elle ne fut guère appliquée.
Puis, en 1997, certains ministres du gouvernement préconisèrent pour leur compte la forme féminisée la ministre, ce qui provoqua une nouvelle réaction des académiciens.
Dans une circulaire du 6 mars 1998, le Premier ministre constata le peu d’effet du texte de 1986, mais recommanda à nouveau la féminisation dès lors qu’il s’agit de termes dont le féminin est par ailleurs d’usage courant. Il chargea la commission générale de terminologie et de néologie de faire le point sur la question »35.
Le rapport de la commission a été remis au Premier ministre en octobre 1998. Il rappelle qu’une intervention gouvernementale sur l’usage se heurterait très vite à des obstacles d’ordre juridique et pratique, et qu’on peut douter, de toute façon, qu’elle soit suivie d’effet. Il établit une nette différence entre les métiers d’une part où les formes féminines sont depuis toujours en usage et ne posent pas de problème particulier, et les fonctions, grades ou titres d’autre part, qui doivent être clairement distingués de la personne. La fonction ne peut être identifiée à la personne qui l’occupe, le titre à la personne qui le porte, etc. ; pour cette raison, l’utilisation ou l’invention de formes féminines n’est pas souhaitable.
Chapitre 2 :
Aujourd’hui le français est une langue très difficile à apprendre?!
II. Aujourd’hui le français est une langue très difficile à apprendre?!
C’est une autre idée reçue qui dure et qui perdure! Quel avantage retire-t-on à entretenir cette idée que la langue française est une langue très, trop difficile à apprendre? Une langue dont la maîtrise n’est réservée qu’à quelques initiés ou aux meilleurs écrivains ?
Le français, une langue culte, porteuse de valeurs, mais surtout, pour nombre de ses locuteurs, une langue pour s’intégrer, pour vivre.
Le discours traditionnel qu’on tient sur la langue française doit s’ajuster et mettre en lumière, en plus de sa fonction identitaire et culturelle, sa fonction utilitaire liée à la nécessité de l’intercompréhension entre locuteurs de variétés du français et à sa capacité d’assurer l’intégration sociale dans un pays ou un État
L’intérêt pour un nouvel étudiant de faire l’apprentissage de la langue française est, d’abord utilitaire. Il veut gagner sa vie, mais aussi entrer



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